Le modèle social et économique français : Un modèle à suivre ?

Publié le par section PS de Chelles

De nos jours, quand on parcourt les lignes de la presse anglo-saxonne, notamment le très libéral « Wall street journal », il est encourageant et revigorant de voir comment les éditorialistes magnifient les vertus de notre modèle social et économique. Avouez que la crise est passée par là et certains Etats découvrent l’importance et la qualité des acquis sociaux français obtenus depuis le Front populaire de Léon Blum jusqu’à la gouvernance de Lionel Jospin  avec les 35 heures et les RTT.

En clair, il apparaît aujourd’hui, par ces temps de crise, que les salariés, les retraités, les chômeurs, les surendettés sont grandement bien protégés de ce coté-ci de l’Atlantique qu’aux Etats-Unis. Grosso modo, on s’aperçoit que la retraite par répartition est plus sûre et plus fiable que le recours à la capitalisation et aux fonds de pension vanté par un certain candidat Nicolas Sarkozy. On apprécie, aux Etats-Unis, l’efficacité du système  de santé prévalant (encore) en France. On loue avec ferveur le fait que chez nous, l’Etat ayant nettement moins reculé, il se trouve mieux placé pour jouer son rôle de pompier de l’économie. On constate ponctuellement que, sur le terrain social français, la persistance de filets protecteurs et de mécanismes redistributeurs permet d’amortir la durée de la crise.

Quant aux services publics (dézingués par la droite mais toujours présents), ils montrent aujourd’hui toute leur efficacité en soustrayant quelques-unes des activités humaines aux désidératas abscons et meurtriers du marché. On observe enfin, sous la plume des éditorialistes américains, que les français ont été assez bien prudents pour épargner au lieu de s’endetter (contrairement à l’encouragement de l’endettement via le crédit hypothécaire souhaité Nicolas Sarkozy). En effet, si le poids de la dette publique française est énorme, il n’en va pas de même de la dette privée qui, elle, est infiniment plus légère qu’outre-Atlantique.

Quand on lit ces hommages rétrospectifs à notre modèle social et économique avec lequel Nicolas Sarkozy veut en finir, (souvenez-vous de la rupture comme thème de campagne de celui-ci), on ne peut que se frotter les yeux tellement ceci est incroyable surtout venant des américains.

Qu’avons-nous entendu et lu, en effet, depuis une vingtaine d’années ? Dans la bouche et sous la plume de nos commentateurs, tout à leur célébration de la « pensée unique », était dit et répété ad nauseam que le modèle français était moribond, archaïque, jacobin, keynésien, communiste, etc.…On a fustigé quotidiennement, pendant des décennies, notre attachement au bien public, à la solidarité agissante, à la vertu citoyenne du concept même de service public, à l’Etat régulateur, à l’Etat stratège et à l’Etat pompier.

Bref, les ayatollahs de la pensée unique n’en finissaient pas de nous adjurer d’en finir  avec ce modèle protecteur accusé d’entraver le dynamisme de l’économie. On se souvient de leurs noms pour ne citer que celui d’Alain Minc, un homme écouté à l’Elysée, mais on s’abstiendra charitablement d’en citer d’autres tant l’échec de leur pensée paraît évident.

Quant à Nicolas Sarkozy lui-même, nul n’a oublié que, durant sa campagne, il affirmait tout le temps qu’il voulait « rompre » avec notre modèle social et économique. Qu’il ait aujourd’hui changé de pied et de registre n’ôte rien  au paradoxe. A lire les réflexions rétrospectivement flatteuses venues d’Amérique, on voit bien que s’il nous faut rompre avec quelqu’un, ce sera évidemment avec Nicolas Sarkozy lui-même.

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Publié dans Nationale

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