Quand la démagogie électorale se heurte à la réalité des actes.

Publié le par section PS de Chelles

La nouvelle équipe municipale a mené sa campagne autour de trois questions principales, la sécurité (dont il ne sera pas question ici), la pression fiscale et l’urbanisme.

 

Tandis que la précédente majorité, conduite par Jean-Paul Planchou, avait affirmé sa volonté de ne pas augmenter les taux d’imposition locaux, faisant en sorte que ceux-ci soient équivalents à ceux de 1995, la droite faisait campagne sur le pouvoir d’achat des Chellois en criant « stop aux augmentations d’impôts ». 

Qu’une équipe n’ayant pu faire la différence entre des taux stables depuis plus de neuf ans et des taux en hausse prenne des décisions cohérentes en matière de pouvoir d’achat une fois élue aurait été étonnant.

Il n’aura effectivement pas fallu longtemps pour se rendre compte de la supercherie. Ainsi, le premier dossier présenté par Brice Rabaste, maire de Chelles et vice-président en charge des Transports des déplacements et des liaisons douces de la communauté d’agglomération de Marne et Chantereine, ce mercredi 15 mai, aura pour conséquence directe d’augmenter la part du titre de transport payée par les familles des élèves habitant et faisant leurs études sur le territoire de Marne et Chantereine de plus de 40%. Une bien belle mesure visant à restituer du pouvoir d’achat aux familles.

 

Une fois n’est pas coutume, durant la campagne, monsieur Rabaste et son équipe dénonçaient le soi-disant "bétonnage" de la ville, occultant au passage le fait que 40% de la surface de la commune soient constitués d’espaces verts, classés comme zones inconstructibles par la précédente majorité.

Force est de constater que le pouvoir d’achat n’est pas le seul dossier teinté d’incohérence et d’aveuglement idéologique. Les décisions prises en ce début de mandat sur les questions d’urbanisme auront des effets dramatiques.

La volonté de réviser le PLU (Plan local d'urbanisme) dans le but de mettre fin à la construction de logement repose uniquement sur le constat erroné fait pendant la campagne. S'il n'est pas inintéressant d'engager un débat sur l'aménagement de notre ville, l'objectif affiché - avant tout débat avec la population - de mettre fin à la construction de nouveaux logements, associé à l’arrivée du réseau du Grand Paris aura deux conséquences qu’il sera difficile d’assumer devant les Chelloises et les Chellois.

 

La première est d’ordre financière. Le logement, comme tout bien marchand, obéit à la loi de l’offre et de la demande. L’augmentation des prix du logement que Chelles a connue à l’arrivée du RER E a été conséquente mais avait été atténuée car l’offre avait alors suivie la demande. Cette fois, il n’en sera rien, les prix ne connaitront pas une simple augmentation, sous l'effet de la demande et de la spéculation foncière, ils exploseront. Cette explosion conduira à une hausse significative des loyers et à une impossibilité pour les moins aisés d’accéder à la propriété ou simplement de se loger.

La seconde est plus symbolique mais n'en est pas moins inquiétante. En l’absence de nouveaux logements et d’une hausse des prix à l’achat comme à la location, comment faire en sorte que la ville de Chelles soit attractive pour ses propres habitants s’ils ne peuvent rester y vivre ?

En affichant clairement cet objectif, le message envoyé aux jeunes Chellois quittant le domicile parental et souhaitant rester habiter dans leur ville n'est autre que : « quittez Chelles , il n'y a pas de place pour vous ».

 

Il n’aura donc pas été nécessaire d’attendre bien longtemps pour constater que les décisions de la nouvelle majorité vont à l’encontre des engagements pris pendant la campagne. Monsieur Rabaste voulait rendre du pouvoir d’achat aux Chelloises et aux Chellois, il vient de les en amputer. Il souhaitait faire de Chelles une réussite collective et vient de signaler très clairement à toute une partie de la population que, si elle n'en a pas les moyens financiers, elle n’y participera pas.

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Publié dans Locale

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