De la magie rien que de la magie...Même durant les voeux!
Le président de la République, tout au long de ces derniers mois, s'est livré à un exercice qui s’apparente davantage à un plan de communication d’annonces virtuelles qu’à un plan de stimulation de l’économie réelle. Cette stratégie a été utilisé encore une fois durant son allocution annuelle,... non semestrielle,... trimestrielle, on ne sait plus exaxtement!
La dénonciation incantatoire de la dictature des marchés de la part d’un responsable politique qui a construit sa carrière politique sur leur apologie, l’exacerbation démagogique des tensions entre salariés et banquiers, la stigmatisation simpliste de l’impuissance de l’Europe, apparaissent comme autant d’artifices et de facilités de langage destinés à diluer sa responsabilité dans la situation difficile que connaît l’économie française.
Nicolas Sarkozy a, non sans cynisme, abandonné ses promesses de campagne en matière de pouvoir d’achat, au prétexte des risques d’aggravation du déficit commercial. Il a renvoyé les plus impatients à faire des heures supplémentaires alors qu’aujourd’hui l’activité se rétracte. La seule annonce au monde du travail est qu’il sera désormais autorisé à travailler le dimanche.
Les entreprises sont victimes de la même opération de poudre aux yeux puisque l’exonération de taxe professionnelle pour les investissements à venir n’aura d’effet qu’en 2011, compte tenu du mode de calcul de la TP.
Enfin, la création d’un fonds souverain à la française serait bienvenue si elle était accompagnée d’une recette pérenne. Or, faute de ressources nouvelles, ce fonds autour de la Caisse des Dépôts aura une portée limitée…
Bref, Nicolas Sarkozy a démontré, par la modestie de ses propositions, qu’il ne dispose d’aucune marge de manœuvre, d’autant moins qu’il a persisté à maintenir dans le budget pour 2009 le paquet fiscal -aussi coûteux qu’inefficace et qui encourage la rente plutôt que l’investissement et la consommation. Aussi, en est-il réduit à espérer rétablir la confiance par le verbe. Ce n’est plus de l’économie, c’est de la magie.