Nicolas SARKOZY : Un Président pas comme les autres…

Publié le par H Abgessi

Le 31 Décembre 2008, à 20 heures, Nicolas Sarkozy  a beaucoup parlé de la crise : la crise sociale est  bel et bien là, installée, réelle. En novembre, l'ANPE a enregistré 64.000 nouveaux chômeurs. Chiffre record et historique mais pas étonnant. Depuis août, la situation de l'emploi s'est brutalement dégradée. Les entreprises se sont débarrassées de leurs salariés précaires. Partout en France, de nombreuses d'usines sont actuellement fermées, faute de commandes.

 

La situation est si préoccupante que le gouvernement a dû se résoudre à relancer les emplois aidés (intelligemment et utilement créés par la gauche plurielle) supprimés en masse par les gouvernements de droite depuis 2005. Si  préoccupante et même grave, qu'il a concocté début décembre un plan de relance de 26 milliards, moins ambitieux et très en-deçà des réponses à la crise, qui sera examiné en janvier au Parlement. Un ministre de la relance, a même été nommé. Gabegie ou esthétisme politique ?

 

«Ni relance, ni rigueur!» disait, cet été,  le ministre du budget, Eric Woerth. «Pas de récession» non plus! ajoutait François Fillon. L'été dernier, Christine Lagarde évoquait encore 2% de progression du PIB en 2008. Mais les économistes avertis avaient pourtant démontré que l'objectif ne serait pas tenu. En septembre, François Fillon admettait finalement que la croissance ne serait que de 1%.

 

En décembre, la note de l'Insee douchait les derniers espoirs du gouvernement, un peu déconnecté des difficultés de nombre de nos concitoyens : ce ne sera que 0,8% en 2008. Et, en 2009, le PIB régressera à coup sûr.

 

Nicolas Sarkozy a pourtant multiplié les annonces à coups de milliards d'euros. Début octobre, 360 milliards d'euros étaient débloqués pour sauver les banques. Mais presque rien pour les français ! Plus de 22 milliards d'euros mis à disposition pour le financement des PME, grâce, entre autres, aux excédents du Livret A, en clair grâce à l’épargne des français. Et puis il y a eu le fameux Fonds stratégique d'investissement, dévoilé fin novembre par l'Elysée, faiblement et ridiculement doté de 20 milliards d'euros. Il est évident, comparé aux fonds souverains chinois ou d’Abu Dhabi, le fonds français apparaît comme un nain ou un gadget dont l’inefficience s’affichera avec acuité dans les prochains jours.

 

Après ces annonces fortement gonflées,  sans véritable cohérence avec les actions d'autres pays européens, et sans aucune prise avec la dure situation que connaissent les français,  des économistes, mais aussi le parti socialiste militent déjà pour un nouveau plan de relance pour ce début d’année.

 

Quant au G-20 de Washington, en novembre, dont Nicolas Sarkozy n'a cessé de s’autocongratuler et de s'attribuer la paternité, ses résultats face à la crise financière sont pour l’instant invisibles à l’œil nu ! Evidemment, personne ne s'attendait à des miracles en l'absence du futur président des Etats-Unis, Barack Obama. Mais, un mois et demi après la tenue, tambour battant,  de ce mini-sommet très médiatisé, certaines des mesures phares de la longue déclaration finale sont déjà désuètes. A commencer par l'engagement des participants à relancer les négociations du cycle de Doha, dans le cadre de l'OMC, avant le 31 décembre. Un faux pas pour la suite des événements, prévus en avril 2009, à Londres.

 

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Publié dans Nationale

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