Un nouveau modèle pour la jeunesse

Publié le par section PS de Chelles

Ce qui se joue aujourd'hui, avec le débat sur l'ouverture sociale des grandes écoles, transcende le petit cercle de quelques formations prestigieuses, devenues trop élitistes. L'enjeu, c'est la place qui est faite à toute une partie de la jeunesse, privée de son droit d'accès aux meilleures formations et aux postes les plus élevés. Une jeunesse qui, pour l'heure, paie un lourd tribut à la précarité et à l'exclusion. Et se retrouve en panne de perspectives. Sans avenir - ce que démontrent trop bien les statistiques du chômage des 18-25 ans comme les poussées de fièvre des banlieues. Ou encore l'affaire des stages - laquelle, soit dit en passant, n'est toujours pas vraiment réglée.

Et ce n'est pas tout. Plus largement encore, l'enjeu, c'est la remise à plat d'un modèle social « à la française » qui ne fonctionne plus. Qui a laissé s'accumuler les discriminations - à l'égard d'une large partie des jeunes, mais aussi à l'encontre des femmes, des handicapés, des « minorités visibles »... et même des seniors. Qui a oublié que la différence est source de richesse, de créativité et d'invention. Et a laissé s'installer la critique des élites à un niveau alarmant. Au « pays des droits de l'homme », son modèle « égalitaire », longtemps un motif de fierté, est devenu inefficace et injuste. Pire : ringard.

D'autant que, dans le même temps, le monde a continué d'avancer. Ailleurs, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique latine, de nouvelles générations émergent, démontrant leur talent et leurs compétences dans la mondialisation, partant à l'assaut des meilleurs diplômes. D'autres pays tentent d'inventer une société plurielle, plus tolérante, plus ouverte que la nôtre. Le Canada, la Grande-Bretagne, par exemple, ont su, mieux que nous, ouvrir la porte à la diversité. Aux Etats-Unis, c'est un président noir qui vient d'être élu : événement considérable - mais impensable dans l'Hexagone. L'écho de cette élection n'en résonne que plus fort dans nos banlieues.

Et puis, il y a la crise. Elle souligne les injustices, elle renforce les revendications. Elle incite à recycler - sans angélisme - les idées d'hier. Elle donne aussi, on peut l'espérer, l'envie et l'audace d'agir. De changer d'ère. Faire des études brillantes, réussir dans la vie professionnelle ne doit plus être un privilège réservé aux enfants des milieux aisés. C'est plus qu'une nécessité : une urgence.

Ouverture des filières d'excellence, invention d'un autre modèle : sur ces deux points, l'enseignement supérieur et surtout les grandes écoles sont à l'épicentre du changement. Parce que c'est là que tout se joue, dans un monde qui privilégie de plus en plus la connaissance. C'est là que se prépare la compétitivité du pays. Là, surtout, que se dessine, pour une bonne part, l'avenir de notre société. De notre « vivre ensemble » conformément aux idées d’ Ernest Renan.

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