Quel bilan du gouvernement de Sarkozy sur l'année 2008 ?

Publié le par S Baron

Tout d'abord, quelques actions et réformes qu'il ne faut pas réfuter en bloc : la réforme des régimes spéciaux (même si on eut aimé que d'autres régimes encore bien plus spéciaux soient également revus de façon plus équitable). De même, la réforme constitutionnelle n'est pas totalement négative dans le sens où elle devrait permettre de rétablir un peu plus d'équilibre entre l'exécutif et le parlement.
Il y a deux autres dossiers sur lesquels on ne doit pas tomber dans la caricature : sur la crise Géorgienne Sarkozy a été réactif et dynamique même si on a constaté qu'il avait dans les faits assez largement plié devant un Poutine qui n'a pas respecté et de loin toutes les exigences formulées. Concernant la crise financière, au contraire de Bush qui aura eu tort sur presque toute la ligne, Sarkozy n'a pas laissé choir les investisseurs en s'inspirant largement de la feuille de route travailliste de Gordon Brown : simplement, ce plan de sauvetage qui semble avoir limité la casse ne correspond certainement pas aux grandes envolées lyriques sur la refondation complète du capitalisme ! On a donné des milliards sans contrepartie aux banques, nul scélérat en col blanc n'est passé en justice, et surtout rien n'a été fait pour le pouvoir d'achat de nos concitoyens qui sont au 1er front de cette terrible dépression économique qui s'abat sur nous. Les services publiques manquent cruellement de moyens que ce gouvernement ne cesse de réduire tandis qu'on soutient sans exigence nouvelle ceux qui ont spéculé à tout va, les irresponsables qui sont la cause de cette crise. Aucun nouveau mécanisme de contrôle, d'audit, et de régulation n'a été mis en place pour éviter qu'à l'avenir les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Sur les autres dossiers clés de l'année, l'action de Sarkozy et de son gouvernement se suffit à elle-même en termes de caricatures de la droite décomplexée, autoritaire et culpabilisatrice pour les classes populaires et moyennes :
- prise en main de la télévision publique : il ne suffisait pas de voir le couple présidentiel sur toutes les ondes et sous tous les angles à n'importe quelle heure, il faut que le président décide de tout, sans entrave véritable. La télévision publique doit être au service du président de la république ! Le peuple l'avait-il demandée, était-ce une réforme nécessaire par ces temps de crise ? Qu'importe, avec le soutien des médias privés et l'obéissance des médias publiques, même avec un mauvais bilan, Sarkozy compte bien être réélu en 2012. Il ne manque plus que la création d'un ministère de l'information pour raviver certains tristes souvenirs ...
- restrictions dans tous les services publiques (sauf les forces de répression évidemment), privatisation à outrance, mise en difficulté volontaire de l'éducation nationale et d'établissements publiques en préambule à des privatisations, de dispositifs comme les Razed à qui on reproche le manque d'efficacité contre l'échec scolaire alors qu'ils n'ont jamais disposé des moyens suffisants pour accomplir pleinement leurs missions. Reprocherait-on aux Restos du coeur d'échouer car il y a toujours de la misère en France ?
- communication très ciblée permettant d'assimiler l'ultra-gauche avec des forces terroristes qui menaceraient potentiellement le pays : regardez Minority Report vous comprendrez que sans preuve on peut quand même mettre emprisonner des pré-terroriste supposés !!! Pendant ce temps les profanations de cimetières de toutes confessions continuent tranquillement et ne sont jamais dénoncées comme étant des actes terroristes de l'ultra-droite !
- Et que dire du travail du dimanche : avec un pouvoir d'achat en berne, croit-on sérieusement qu'ouvrir plus de magasins le dimanche augmentera les achats hebdomadaires de nos concitoyens ? Cela décalera certains achats au week-end sans augmenter la consommation, et cela accentuera surtout la pression sur les salariés pour encore plus de flexibilité, plus de docilité
- Repousser la retraite à 70 ans pour ceux qui le veulent relève de la même logique : au vu des salaires trop faibles en France et des carrières de plus en plus souvent hachées (surtout les femmes), les gens n'auront pas cette liberté, ils n'auront d'autre choix que de repousser leur départ en retraite quitte à imiter les USA à la mode Bush avec des personnes de plus de 70 ans qui cumulent plusieurs emplois à temps partiel.
- Souvenons-nous, le ministère de l'identité nationale existe toujours, avec ses ignobles quotas d'expulsions d'étrangers chaque année : combien de temps encore fera t'on croire de la sorte aux français que les problèmes d'emploi et même de sécurité sont du fait des étrangers ? Combien de temps ce flirt avec les thèses de l'extrême droite servira de paravent à cette politique qui en plus d'être profondément injuste est totalement inefficace et couteuse ? Augmenter encore la surpopulation carcérale, et mettre des enfants de 12 ans en prison n'y changeront rien, la politique du tout répressif est tout simplement injuste et sans résultat à terme, et guère élogieuse pour le pays qui se réclame des droits de l'homme, même si on a cru comprendre que les droits de l'homme et le sarkozysme ne se marient plus guère dans la même vision politique.
Alors que sera la France d'Après avec ce président et ce gouvernement ?
- les rentiers, la nouvelle noblesse des patrons de père en fils, et les banquiers iront toujours bien et même souvent de mieux en mieux,
- les injustices sociales et médicales augmenteront car il ne faut compter que sur soi-même
- les travailleurs seront au travail comme il se doit (car ceux qui ne travaillent pas sont des profiteurs du système n'est ce pas ?), ils travailleront plus et plus longtemps, pas pour gagner plus (ça on n'en parle déja plus) mais juste pour subsister. De surcroit, ils seront sévèrement surveillés pour éviter toute tentative de révolte ainsi évidemment que les médias soit-disant infiltrés par les gauchistes
Voilà, c'est la France de la réaction, de l'ordre autoritaire au seul service des dominants, la France décrite par Zola, la France du 19è siècle. Deux siècles de progrès sociaux mis aux rebus sous couvert de modernisme.
Tout un programme qui ne marchera pas, tout du moins pour la grande majorité des français(e)s qui voudraient simplement plus de justice sociale, d'humanisme et d'équité, tout simplement ...
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Publié dans Nationale

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